Certes, un espace de coworking recèle d’innombrables opportunités à offrir ; mais il serait naïf de croire qu’elles vous seront servies sur un plateau. Encore faut-il se donner les moyens de réussir son pari entrepreneurial et de saisir sa chance au vol, en commençant par bien s’intégrer à son nouveau lieu de travail. Voici, pour vous, les 6 commandements à soigneusement mettre en œuvre pour entreprendre dans les meilleures conditions et doper vos chances de succès.

La politesse, vous prônerez

La chose prend des airs de lapalissade… Et pourtant, il n’est pas inopportun de rappeler que, comme le clamait Montaigne, « la politesse coûte peu et achète tout ». Bien que de nos jours les pratiques de courtoisie aient une fâcheuse tendance à tomber en désuétude, on n’attire pas les mouches avec du vinaigre : c’est d’autant plus vrai lorsque l’on intègre une communauté basée sur l’échange et la collaboration. Nul besoin de verser dans l’excès. Saluer les coworkers à la cantonade lors de votre passage dans un open-space, s’excuser en cas de comportement gênant ou requérir une permission constituent autant de petits actes quotidiens d’apparence anodine, mais qui manifestent votre aptitude à naviguer harmonieusement en société dans un souci de préservation du bien-être relationnel et de recherche d’appartenance. Une preuve de chaleur humaine et de crédibilité professionnelle qui ne manquera pas d’attirer d’éventuels futurs collaborateurs.

Le lieu, vous respecterez

Respecter son espace de coworking repose sur deux principes. En premier lieu, il s’agit de prêter attention à son ambiance générale : les tiers-lieux se bâtissent sur la base d’une même idée révolutionnaire, une même vision du travail, mais chacun exhale une aura qui lui est propre, certains gérants jouant même sur ce parti pris pour attirer une cible de professionnels précise. En outre, lorsque vous choisissez votre espace de coworking, ne misez pas sur la proximité : vous ne pourrez convenablement vous intégrer que si vous vous sentez en résonance avec l’atmosphère qui émane du lieu et de ses membres. Cela impliquera, par la suite, de vous conformer aux agissements, codes et rituels qui participent à son rayonnement et contribuent à la bonne cohésion de la communauté. Le second pilier est purement matériel, mais non moins négligeable : les locaux sont partagés, ce qui implique de traiter les fournitures comme un bien commun et de ne pas rechigner à mettre la main à la pâte si besoin est. Faire sa vaisselle, nettoyer après son passage, soigner le matériel sont des passages obligés pour garantir à tous un cadre de travail agréable.

Ouvert et accessible, vous serez

Il serait biaisé d’investir un espace de coworking dans le seul but de bénéficier d’une zone entièrement dédiée au travail et de reproduire l’isolement fréquemment déploré par les freelances en se coupant des autres travailleurs et en se marginalisant délibérément. Pourtant, nombre de coworkers sont partisans de cette vision des choses, se privant par là même de tous les bienfaits d’un espace de travail partagé : pelotonnés dans leur cocon, ils découragent toute recherche d’interaction chez leurs voisins coworkers. Veillez à ne pas tomber dans cet écueil, et installez votre poste de travail au même endroit que les autres membres, dans un endroit vivant où les échanges seront favorisés. Il en va de même pour les écouteurs ou les casques : que vous les portiez pour écouter votre musique préférée ou simplement pour réduire le bruit environnant, ils assènent un coup fatal à votre accessibilité, les gens n’osant pas vous aborder au risque de vous déranger et de faire éclater la bulle que vous semblez vous être créée. Faites donc l’effort de tomber les écouteurs ou, si la chose vous semble impossible, faites en sorte que les autres membres comprennent que vous ne rechignez pas au contact (en posant une petite pancarte « Disponible » devant vous, par exemple).

Sur la voie de l’humilité, vous marcherez

Ce n’est pas parce que vous avez fait table rase de votre vie de salarié et que vous n’avez plus de supérieur à qui rendre des comptes qu’il faut vous gonfler d’orgueil et vous sentir pousser des ailes, au risque consenti d’écraser tout le monde sur votre passage. Personne n’a envie de faire de fleurs à une personnalité imbue et débordant d’assurance, ni même de s’investir à ses côtés. Si votre affaire décolle plus vite que vous ne l’espériez, nous partageons bien entendu votre enthousiasme, mais inutile de s’en gargariser à outrance, au risque de dépiter les coworkers qui partagent votre quotidien et connaissent, peut-être, des difficultés qui vous sont inconnues. Pour soigner l’ambiance de travail générale et donner envie aux autres coworkers de vous laisser pénétrer leur univers, sachez donc faire preuve d’humilité (ce commandement restant, du reste, valable pour tout travailleur indépendant, même en dehors de la sphère coworking). C’est cette même humilité qui vous poussera à vous intéresser aux autres, à les interroger sur leurs domaines d’expertise et à en tirer de nouvelles connaissances, puis à partager les vôtres, dans une logique de solidarité entrepreneuriale.

À la vie communautaire, vous participerez

Être membre d’un espace de coworking, c’est être acteur de sa propre réussite et apprendre à donner pour mieux recevoir. Par conséquent, l’intégrer ne se réduit pas à le fréquenter, mais bel et bien à l’enrichir et le faire grandir de votre présence. Pour ce faire, prenez soin de participer au maximum aux différents événements (conférences, expositions, rencontres, tables rondes) régulièrement organisés par votre espace de coworking pour faire profiter aux autres de votre expérience et de vos compétences sur un sujet donné et faire de nouvelles rencontres. De même, adoptez une démarche proactive au quotidien : soyez à l’affût de tout ce qui gravite autour de vous et osez soumettre des suggestions susceptibles de trouver un écho favorable auprès de la communauté et de se révéler profitables au plus grand nombre (installer une plage horaire mensuelle pour un événement ritualisé, proposer un changement d’aménagement, programmer une conférence, modifier les horaires d’ouverture, améliorer la politique de location d’une salle de réception, faire un apéritif festif à un moment clef, etc.).

À sympathiser, vous vous autoriserez

Le « Global Coworking Survey » édition 2017 de Deskmag a révélé qu’en 2016-2017, seulement un peu plus d’un coworker sur deux (56%) connaissait le prénom des autres membres. Ainsi, prenons le risque de le rappeler : les freelances et startupers ne sont ni des machines à cash, ni des robots programmés pour optimiser des stratégies business, ni de simples réservoirs à opportunités dans lesquels puiser à l’envi pour mener à bien son projet. Apprenez à découvrir les membres de la communauté au-delà de leurs compétences professionnelles, pour leurs qualités humaines et leurs personnalités individuelles : questionnez-les sur leurs passions, leurs enfants, leurs sorties, leurs vacances, etc. Intéressez-vous à eux pour ce qu’ils sont, et apprenez à les apprécier sous un jour plus intime, et même à nouer de véritables liens amicaux si vous sentez que le courant passe. Bien entendu, vous ne payez pas un abonnement à votre espace pour vous faire de nouveaux amis : le coworking dispose de sérieux atouts pour vous faire grandir sur le plan professionnel, mais l’enrichissement personnel ne devrait jamais passer au dernier plan… d’autant que généralement, l’un ne va pas sans l’autre. Conclusion/ Vous voici désormais paré pour vous intégrer au mieux dans votre nouvel espace de coworking et en tirer profit dans la réalisation de votre projet. Alors, qu’attendez-vous pour faire le grand saut ?

Hélène Betoux (https://atome.green/)