intelligence artificielle : Wake up #2 : L'approbation du langage naturel

Mercredi 18 janvier, Arnaud Touati, Associé Fondateur du cabinet ALTO AVOCATS, Mathieu Benayoun, CEO de MB&SCOTT - l'agence des entrepreneurs, et Jean-Michel BENAYOUN de l’Université Paris VII, spécialistes des questions liées à l'intelligence artificielle, sont venus à « Cool & Workers » pour donner une conférence sur l’intelligence artificielle. Retour sur cette matinée interactive. Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? L’intelligence artificielle (IA), c’est la discipline scientifique relative au traitement des connaissances et au raisonnement, dans le but de permettre à une machine d'exécuter des fonctions normalement associées à l’intelligence humaine : compréhension, raisonnement, dialogue, adaptation, apprentissage… C’est un peu compliqué ? En d’autres termes, c’est quand on essaye de fabriquer une machine, et de la doter d’un esprit qui se rapproche de celui d’un humain. Cependant, il existe plusieurs difficultés lorsqu’il s’agit de travailler sur l’intelligence artificielle. Les trois principales sont que l’intelligence artificielle est perçue comme beaucoup trop complexe, on a donc du mal à travailler dessus. Deuxièmement, on se rend compte que c’est impossible de reproduire à la perfection, un cerveau humain. Enfin, l’apprentissage de l’intelligence artificielle à comprendre les environnements écrits, parlés et visuels relève encore du défi. Mais l’intelligence artificielle est en marche pour une révolution, comme le promettent les chercheurs. Ce ne sont pas ces trois difficultés qui vont empêcher le progrès. Il n’y a qu’à regarder la naissance des agents conversationnels tels que «SIRI», «Google now» ou «Cortana», ou encore s’intéresser à la victoire de l’IA AlphaGo au jeu de Go contre le numéro 2 mondial. Et cette avancée est en partie due à l’augmentation considérable de la puissance de calcul des ordinateurs : un smartphone de 2016 est plus puissant que le superordinateur qui a permis à la NASA d’envoyer le premier homme sur la lune. Deux modes d’apprentissage permettent aussi cette avancée : le «machine learning» (qui consiste en l’élaboration d’algorithmes capables d’accumuler de la connaissance et de l’intelligence à partir d’expériences, l’IA apprend de ses erreurs), et le «deep learning» (ensemble de méthodes d'apprentissage automatique, et non supervisé). Et quelles menaces alors ? Bill Gates souligne qu’un quart des recherches de Microsoft sont consacrées à l’IA et se demande comment on ne peut pas être inquiet de la montée en puissance des superintelligences. Ainsi, Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, va jusqu’à prédire un « futur effrayant » dans lequel les humains pourraient être transformés en « animaux domestiques » ou « écrasés comme des fourmis » par les robots. On pourrait en rire si on ne croit pas en une future réalité «Terminatoresque», mais pour l’instant, ces avancées technologiques représentent une véritable menace sur l’emploi. C’est pourquoi il serait judicieux de fixer des priorités, comme les problèmes majeurs que connait le monde aujourd’hui, à savoir la pauvreté ou la faim dans le monde. On pourrait imaginer une intelligence artificielle capable de cartographier des zones sensibles et à risques afin de préconiser le moment d’une intervention et les moyens humains et matériels à déployer. L’intelligence artificielle et le langage naturel : Certaines IA vont mettre en place le « Text Mining» : ensemble de méthodes, de techniques et d'outils pour exploiter les documents non structurés que sont les textes écrits (emails, documents de présentation…). Grâce à cette technique, les IA vont classer des documents ou encore établir des résumés de synthèse. Elle peuvent même identifier les spams. Mais cette technique apporte des questions fondamentales : quelles doivent être les limites de ces outils ? Comment les réguler? Alors, ces notions d’IA et de langage naturel amènent au débat : Comment peut-on inculquer un langage, une morale/éthique, universel ? Est-ce possible ? Quelle responsabilité pourrait être envisagée ? Doit-on prévoir une personnalité juridique propre à l’intelligence artificielle ? C’est ici que chacun aura son avis sur la morale, l’éthique, sur ces idées de bien et de mal qui diffèrent selon les cultures, les pays, les milieux sociaux et qui compliquent donc ce langage «universel». Comment demander à un robot d’agir de manière juste ? Si on reprend la première loi de la robotique préconisée par Isaac Asimov, écrivain connu pour ses oeuvres de sciences fiction, à savoir «un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet humain exposé au danger», un robot pourrait-il juger une personne mourante de faim qui a volé dans un supermarché ? Comment construire un langage universel ? Comme dit précédemment, la mise en place d’un langage universel peut être compliqué pour cause des différences de cultures. Par exemple la liberté d’expression diffère beaucoup entre la France et les Etats-Unis. Cette construction d’un langage universel nécessitera des sacrifices. Serions-nous prêt à renoncer à certaines de nos libertés au dépend d’une compréhension mondiale ? Les développeurs d’IA ne risquent-ils pas d’utiliser le langage universel comme nouveau vecteur de leur propre culture, ainsi les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) pourraient donner leur propre définition de la liberté d’expression, de la morale et de l’éthique aux IA. On imaginerait comme solution de faire appel à des techniciens, développeurs et scientifiques tels que des sociologues, des linguistes et des juristes pour adapter le langage dans différentes langues. L’objectif ici étant de transmettre les règles culturelles propres à une langue, un pays. Une autre solution consisterait à bannir les utilisateurs qui se servent de l’IA pour reprendre des idées, détourner une conversation ou utiliser des mots inappropriés. Et qui est responsable dans ce cas ? Le développeur ? L’utilisateur ? D’ailleurs, quelles comportement adapter s’il y en a plusieurs ? Dans ces cas là, pourrait-on donner une personnalité juridique à une IA ? Tant de questions qui ramènent encore au débat et qui permettent de réfléchir à des idées intéressantes pour notre futur à l’ère digitale. A très vite L'équipe cool & workers www.coolandworkers.com